LE DISCOURS RAPPORTÉ
Il a trois façon de procéder : discours direct, discours indirect et discours indirect libre. Le but est d’intégrer un discours dans un autre discours. Le premier sera le discours cité et le second sera le discours citant. On dit qu’il y a un dédoublement de l’énonciation.
1) Le discours direct
C’est une transcription textuelle des paroles ou pensées. Ce discours dissocie très nettement le discours cité et le discours citant. Chacun de ces énoncés renvoie à une situation d’énonciation particulière. A partir du XIXème siècle, on présente entre guillemets le discours cité. A l’oral, on marque une pause entre de discours citant et le discours cité, et on prend une intonation particulière.
Le discours cité est introduit par un verbe déclaratif dit verbe introducteur, qui peut avoir plusieurs positions : il se trouve soit avant le discours cité, soit placé en incise et il ya alors une inversion du sujet (cette incise n’est pas vraiment complète : ce serait une subordonnée sans subordonnant).
Les embrayeurs renvoient au sujet de l’énonciation : " Ma sœur me dit : " J’ai perdu ma raison de vivre ". Le premier ma renvoie à l’instance narrative, le second ma renvoie au sujet de l’énonciation seconde. Le référent est différent car les situations d’énonciation sont différentes.
Le discours direct n’est pas la reproduction exacte du discours cité. C’est le sujet de l’énonciation, le locuteur premier, qui traduit ces paroles et qui peut les interpréter. Les paroles du discours cité peuvent entrer dans la stratégie des personnages. La prise de distance entre discours cité et discours citant est une mise en scène, une présentation. Elle peut induire une subjectivité difficilement repérable (Dans Les Provinciales de Pascal, le discours cité est présenté comme celui d’une personne naïve qui feint de restituer les paroles des Jésuites, mais qui les gauchit.)
Dans un roman, le discours cité n’est qu’une facette de la narration ; c’est un jeu de la convention romanesque. Il faut donc se demander pourquoi le romancier a fait le choix du discours direct, et à plus forte raison du discours indirect.
2) Le discours indirect
Le discours direct voit sa pleine réalisation au XIXème siècle, et en particulier chez Flaubert. IL s’agit de paroles rapportées par l’intermédiaire déclaratif régissant une subordonnée complétive, et qui est en fait son complément d’objet. Le discours indirect enlève toute autonomie au discours cité, lequel se retrouve subordonné au discours citant (grammaticalement et linguistiquement). Ainsi :
Il est toujours difficile de dire si le discours cité n’est pas une déformation de l’énonciateur ou s’il appartient vraiment à celui dont on rapporte les paroles. La princesse de Clèves est un roman d’analyse, ce qui explique qu’il soit construit avec le style indirect.
3) Le discours indirect libre
C’est un intermédiaire entre le discours direct et le discours indirect. La relation syntaxique entre discours citant et discours cité a disparu. C’est un choix d’allégement. Mais il faut que demeure un mot indiquant un changement de locution. C’est à ce mot que l’on va rattacher une série de proposition indépendante appartenant à l’autre énonciation. Exemple : " Elle ne comprit pas ma question. Elle m’aimait, elle en était certaine etc... " Cette forme de discours se répand au XIXème. Elle conserve les traces du discours cité :
Il n’y a pas de marque d’introduction du discours cité, et c’est au lecteur de remarquer l’apparition d’une polyphonie, d’une seconde voix. Le contexte est indispensable.