Il précède nécessairement le substantif dans la phrase lorsqu’il occupe la fonction de sujet ou de complément d’objet.

L’absence apparente de déterminant devant le nom occupant la fonction de sujet ou d’objet n’infirme pas cette définition. On observera notamment que le déterminant pourrait être rétabli dans les expressions du type : Pierre qui roule n’amasse pas mousse > Une pierre qui roule n’amasse pas mousse. Certains grammairiens font ainsi l’hypothèse de l’existence d’un article zéro, c’est-à-dire absent en surface mais présent en structure profonde, dans son rapport sémantico-syntaxique avec les autres éléments.

Le déterminant apparaît ainsi comme le marqueur spécifique du nom. Le passage dans la classe du nom d’un mot appartenant à une autre catégorie grammaticale s’effectue toujours par l’adjonction d’un déterminant.

Ex : Rien n’est beau que le vrai.

Remarque : on observe cependant que certains noms propres ont pris l’article défini au cours de l’évolution de la langue. Hormis ces quelques cas spécifiques, l’adjonction du déterminant devant le nom propre change ainsi le statut de celui-ci : tantôt parce qu’on envisage alors seulement une partie de l’être évoqué,

Ex : le Paris de l’entre-deux-guerre.

tantôt encore parce que l’on constitue l’objet en classe, par emploi figuré :

Ex : les harpagons sont toujours odieux.

De même, on ne considérera pas comme des exceptions à la règle d’absence de déterminant devant le nom propre les cas de transfert métonymique du type : Il possède deux Picasso ou les Martin sont des gens agréables (= les gens de la famille Martin)

La nécessité de l’expression du déterminant est liée à celle de présenter le nom dans une situation d’énonciation donnée, et par là d’identifier l’objet du monde auquel réfère l’énonciateur. Est ainsi considéré comme déterminé l’être identifié. On opposera donc l’emploi virtuel du nom, décrit par le dictionnaire (Chat : n. m. petit mammifère domestique de la famille des félins...) à sa référence actuelle c’est-à-dire son identification en discours opérée grâce au déterminant : un chat / mon chat / ce chat etc... Déterminer, c’est donc dire d’un être lequel c’est.

Ainsi, les déterminants du nom permettent d’inscrire ce dernier dans l’espace-temps de la prise de parole et de le présenter par rapport à la situation d’énonciation. Les différents déterminants pourront donc de ce point de vue être classés en fonction de leur rôle sémantico-logique : on distinguera ceux qui ont pour rôle d’indiquer la quantité des êtres auxquels le nom réfère et/ou ceux qui précisent les caractères qui leur sont conférés.

I. CLASSEMENT FORMEL : PLACE ET COMBINAISON DES DETERMINANTS

Le déterminant se place toujours à gauche du substantif. Le déplacement parfois possible du mot entraîne une modification de son rôle. Il devient alors adjectif qualificatif.

Ex : Différents étudiants l’attendaient

Des étudiants différents l’attendaient.

Le jeu des combinaisons possibles entre déterminants amène à les opposer en deux classes distinctes : les déterminants spécifiques et les déterminants secondaires.

A. LES DETERMINANTS SPECIFIQUES

Ils ne peuvent se combiner entre eux. On regroupe dans cette catégorie les articles, les possessifs, les démonstratifs et l’interrogatif quel.

  1. LES DETERMINANTS SECONDAIRES

Ils peuvent se combiner avec les déterminants secondaires.

Ex : J’ai lu tous les livres que tu m’a prêtés.

Mais on peut parfois les rencontrer seuls devant le nom :

Ex : J’ai lu plusieurs livres.

Enfin, certains peuvent se combiner entre eux :

Ex : Plusieurs autres livres me feraient plaisir.

Appartiennent à la classe des déterminants secondaires les indéfinis et les numéraux, ainsi que les déterminants à base adverbiale (beaucoup, trop, peu, assez, suffisamment, plus, moins...de) et les déterminants formés sur des noms de quantité (une masse de..., une troupe, une rangée, une file de...)

Remarque : certains grammairiens appellent prédéterminants des mots comme environ ou presque, à peine, dans les tours du type environ soixante étudiants, presque tous les étudiants. Il paraît cependant plus juste de conserver à ces mots leur statut d’adverbes : ils modifient le déterminant numéral ou indéfini qui les suivent.

II. CLASSEMENT SEMANTICO-LOGIQUE

On opposera deux valeurs possibles du déterminant : la quantification du substantif ou bien sa caractérisation. Ces deux valeurs peuvent, le cas échéant, se combiner entre elles.

  1. LES DETERMINANTS QUANTIFIANTS

Ils désignent la quantité des êtres auxquels le nom est appliqué (ce que l’on nomme parfois aussi l’extensité). Ils limitent ainsi l’ensemble des objets du monde. Deux types de déterminants : ceux qui marquent une quantité précise, éventuellement chiffrée, et ceux qui marquent une quantité imprécise.

1. Quantifiants précis

une quantité nulle : aucun, nul

une quantité égale à un dans une perspective distributrice : tout + nom au singulier, chaque.

2. Quantifiants imprécis

la pluralité : plusieurs, quelques, la plupart, beaucoup de...

la totalité : tous, toutes.

B. LES DETERMINANTS QUANTIFIANTS / CARACTERISANT

Ils ajoutent à la désignation du nombre la spécification de certaines propriétés relatives au substantif.

1. Déterminants démonstratifs

ce et sa variante cet devant un nom masculin à initiale vocalique, cette, ces spécifient à la fois le nombre et situent l’être auquel renvoie le nom dans la situation d’énonciation (espace et temps) ou dans la chaîne du discours (réfèrent à un élément déjà évoqué ou en voie de l’être.).

  1. Déterminants possessifs 

Mon / ma, mes marquent, en plus du nombre, le rapport entre l’être que désigne le nom et la personne.

  1. Déterminants indéfinis

Ils expriment la pluralité imprécise en ajoutant des indications quant à la forme que revêt cette pluralité :certains, divers, différents.

On regroupera également dans cette catégorie les déterminants à base nominale : une masse de, une foule de, des torrents de...

  1. LES DETERMINANTS CARACTERISANTS

Ils marquent exclusivement une propriété de l’être considéré. Ils se réduisent à certains indéfinis : même, autre, tel, quel.

Conclusion : il est possible de combiner les deux types d’approche formelle et sémantico-logique en conservant toutefois la distinction traditionnelle des différents types de déterminants (article, démonstratif, possessif, indéfini, numéral). A l’intérieur de chaque catégorie, on précisera la valeur sémantico-logique tout en indiquant les éventuelles contraintes formelles qui pèsent que ses éventuelles combinaisons.

N. B : la notion de détermination autorise une acceptation plus large de catégories grammaticales.