Les déterminants indéfinis sont rangés dans la classe des déterminants secondaires du substantif. Ils peuvent se combiner avec des déterminants spécifiques (l’article par exemple) : c’est le cas tout ou de quelque : tous les livres.

Les déterminants indéfinis peuvent parfois se combiner entre eux : Maintes autres définitions ont été proposées.

Cependant, la catégorie du déterminant indéfini est floue du point de vue du fonctionnement sémantique : on y range en effet des déterminants quantifiants purs (qui indique de façon lus ou moins précise le nombre des êtres qui s’applique au nom déterminé), des déterminants quantifiants et caractérisants (qui ajoutent à l’indication du nombre celle de caractères propres à l’être auquel s’applique le nom) et enfin, des déterminants caractérisants purs (qui évoquent l’identité de l’être déterminé. Ces derniers établissent tantôt un rapport d’analogie, tantôt spécifient cette identité sans donner d’indication précise.)

  1. LES QUANTIFIANTS PURS

A. PROPRIETES MORPHOSYNTAXIQUES

1. Propriétés communes

2. Particularités

B. CLASSEMENT ET EMPLOI

A l’intérieur des indéfinis quantifiants, on peut distinguer ceux qui évoquent une quantité nulle( ils présentent un ensemble vide), ceux qui évoquent une quantité positive (ils présentent plusieurs éléments d’un ensemble) et ceux qui évoquent la totalité d’un point de vue global ou distributif.

1. Expression de la quantité nulle

Ces déterminants s’emploient seuls devant un substantif dont ils adoptent le genre.

a) aucun

Ex : Existe-t-il aucune femme qui puisse lui être comparable ?

Je doute qu’aucune femme puisse lui être comparée.

On a plus écrit sur elle que sur aucune femme.

b) pas un

Le mot pas désignait au départ une petite trace et a finalement abouti à une valeur intrinsèquement négative. C’est avec cette valeur qu’il sert à former le déterminant indéfini pas un. Il peut s’employer en combinaison avec ne : on ne voyait pas un chat dans la rue.

c) nul

Les emplois de nul (de ne + ullum) sont parallèles à ceux de pas un, porteur d’une signification négative.

  1. Expression de la pluralité

a) quelques

b) plusieurs

Il s’emploie toujours devant le nom et ne peut se combiner avec un déterminant spécifique. Il est invariable en genre et marque une pluralité indéfinie d’éléments comptables.

c) maint

d) plus d’un

Intégrant dans sa formation ne numéral un, il ne varie qu’en genre et ne peut se combiner avec d’autres déterminants.

  1. formes composée à base adverbiale

Ils intègrent un ou plusieurs adverbes de quantité auquel s’adjoint de : beaucoup de gens, beaucoup trop de gens. Les précisions concernant le nombre sont données par le contenu de sens de l’adverbe. Ces formes rendent compte d’une pluralité d’objets non identifiés, comptable ou non.

3. Expression de la totalité

Le déterminant quantifiant peut présenter la totalité de l’ensemble selon deux façons différentes : de façon distributive, en envisageant séparément chaque élément, ou de façon globale.

a) Expression distributive

Elle implique que le nom déterminé appartienne à la catégorie des noms comptables.

Il ne peut se combiner avec aucun déterminant spécifique. Il s’emploie toujours au singulier et présente un être conçu comme élément d’une pluralité collective existante parcourue exhaustivement.

Par extension, il peut porter sur une unité simple de temps. Chaque mesure exprime alors la périodicité. Ex : Il vient chaque été.

Au singulier, variable en genre et devant le nom, il ne peut se combiner dans cet emploi avec aucun déterminant spécifique. Sa valeur est parallèle à celle de chaque : toute femme, chaque femme. Mais à la différence de chaque, tout réfère à un ensemble donné comme virtuel.

Au pluriel, en combinaison avec l’article défini, voire le numéral, tout peut marquer la périodicité. Toutes les heures, il passe voir le malade.

b) Expression globale de la totalité : tout

On peut ici distinguer différents cas, selon la façon dont se présentent les êtres évoqués.

Devant les noms communs compacts, non comptables (ex : noms dérivés d’adjectif : la blancheur) tout peut soit exprimer la totalité absolue de l’ensemble lorsqu’il est combinée avec un déterminant spécifique toute la douceur du monde n’y peut rien changer

soit se rapprocher de la valeur adverbiale, quand il est employé seul devant le nom : parler en toute tranquillité.

II. LES QUANTIFIANTS-CARACTERISANTS

Ils se combinent tous avec les déterminants spécifiques. Ils adjoignent à la désignation du nombre indéterminé la désignation d’une identité non précisée. Enfin, ils ne s’appliquent qu’aux noms comptables.

1. certains

2. quelques

Avec que, il entre dans la formation d’une locution concessive, avec cette même valeur : quelques raisons que vous lui donniez...

3. Divers, différents

Antéposés au substantif, ils se combinent éventuellement aux déterminants spécifiques, à l’exception de l’article défini. Ils fonctionnent alors comme déterminants et non comme adjectifs qualificatifs, catégorie qu’ils réintègrent seulement s’ils sont postposés au nom : ces divers livres me fascinent / ces livres divers me fascinent. Ils expriment une pluralité d’être distincts dont l’identité reste indéterminée.

4. Formes composées à base nominale.

Certains déterminants sont formés à l’aide d’un nom spécifiant une indétermination tant au niveau du nombre que de l’identité. Ce nom est obligatoirement prédéterminé à l’aide de l’article indéfini. On rangera dans cette catégorie la forme la plupart de qui intègre dans sa structure un substantif précédé de l’adverbe plus. Il désigne la plus grande partie d’un ensemble comptable.

III. LES CARACTERISANTS PURS

Ils n’évoquent plus une indétermination quant au nombre, mais seulement en ce qui concerne l’identité ou la qualité des êtres. Ils s’appliquent tous aux noms comptables, à l’exception des noms non comptables denses. En revanche, ils ne se combinent pas tous avec les déterminants spécifiques.

A. LE GROUPE DES DETERMINANTS CARACTERISANTS INTEGRANT QUEL.

Ils fonctionnent devant le nom en l’absence de déterminant spécifique.

1. Quelque

2. Quel...que

3. N’importe quel

4. Cas particulier : un quelconque

5. Tel

– d’attribut : Telle est ma décision

– d’épithète : (antéposé à un nom déterminé par l’article défini) une telle décision m’a étonnée.

Tel adjectif peut également entrer en corrélation avec la conjonction que pour introduire une proposition subordonnée :

– de conséquence (il a alors une valeur d’intensité) : Il a pris une telle importance qu’on lui a confié un portefeuille ministériel.

– de comparaison (avec une valeur de similitude) : il est bien tel qu’on vous l’a décrit.

Enfin, l’adjectif tel marquant la similitude sans la corrélation avec que peut aussi bien s’accorder avec le comparé qu’avec le comparant :

Sa voix claque telle un coup de fouet / sa voix claque tel un coup de fouet.

B. AUTRES DETERMINANTS CARACTERISANTS

Ils peuvent tous se combiner avec un déterminant spécifique et s’appliquent aux noms comptables et aux noms compacts.

1. Certain

  1. Même

Devant le nom : il indique l’identité ou l’analogie entre objets considérés comme distincts : il a usé avec elle de la même douceur qu’autrefois.

Derrière le nom, il a valeur de soulignement et renforce la désignation de cette identité : il était la douceur même.

3. Autre

Antonyme de même son comportement n’est pas absolument parallèle.

4. L’un et l’autre

5. Tout

Dans cette acceptation, il détermine les noms comptables ou les noms compacts mais ne peut se combiner avec d’autres déterminants, sauf avec autre en postposition et muni d’un complément. Il a alors le sens particulier de n’importe quel et désigne la plus totale indétermination. Il est seulement variable en genre.