Les déterminants démonstratifs appartiennent à la catégorie des déterminants spécifiques rendant compte à la fois du nombre et de l’identité de l’être qu’il désignent. Sémantiquement, ils combinent la signification de l’article défini avec une référence expressément désignée. On peut également les ranger dans la catégorie des quantifiants-caractérisants.

I. MORPHOLOGIE

A. SPECIFICITE DES DETERMINANTS DEMONSTRATIFS

L’observation du tableau (p. 178)appelle deux remarques principales :

B. ORIGINE DES DETERMINANTS DEMONSTRATIFS

Ils viennent tous d’une forme latine variable, iste, renforcée par la particule ayant valeur de désignation, ecce. Les formes de base ayant abouti à cet/cet/ ces sont donc respectivement eccsitum, eccsitam, eccistos. Ce au masculin singulier et ces au féminin pluriel sont analogiques de l’article défini le/les.

II. EMPLOI DES DETERMINANTS DEMONSTRATIFS

Les déterminants démonstratifs possèdent des propriétés syntaxiques communes ; seules varient les valeurs sémantiques.

A. PROPRIETE SYNTAXIQUE

Ex : *le ce livre

Ex : Ces quelques magnifiques livres.

Remarque : seul tout, déterminant quantifiant indéfini, est antéposé au déterminant démonstratif.

Ex : tous ces livres.

B. VALEUR SEMANTIQUE

Ex : Ferme cette porte.

On notera que le démonstratif reste peu explicite en lui-même. On dit qu’il est opaque. En cas d’ambiguïté possible sur l’être désigné, l’énoncé doit donc être accompagné d’indices de type non linguistique pour que soit identifié le référent. L’adjonction de -ci ou -là ne marque respectivement que la proximité ou l’éloignement et ne permet pas d’éviter l’usage de ces indices.

Ex : Passe-moi ce livre (-là)(regard ou geste).

Le démonstratif déictique peut encore s’appliquer à des éléments qu’on ne peut montrer mais qui sont interprétés comme faisant partie de la situation d’énonciation. D’autres signes linguistiques (dans les exemples cités : je/me) viennent alors à l’appui de l’évocation du contexte énonciatif.

Ex : Cette nuit, je sortirai.

Cette idée me paraît farfelue.

Ex : J’ai acheté une voiture d’occasion. Cette voiture est garantie deux ans.

Le démonstratif anaphorique, lorsqu’il ne réfère pas à la situation d’énonciation, réfère toujours à un objet qui est présupposé exister et qui se trouve présenté dans la phrase, et non dans le contexte extra-linguistique, ou dans l’ensemble des phrases formant le discours. L’environnement du démonstratif n’est plus dans ce cas physique, il est décrit par la seule chaîne des mots dans le texte. Il a donc une valeur de reprise — c’est-à-dire anaphorique —lorsqu’il désigne un objet ailleurs dans le texte.

Ex : Un loup survînt à jeun qui cherchait aventure (...)

" Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? "

Dit cet animal plein de rage.

Ex : La mélodie se terminait à chaque stance par ces trilles chevrotants que font valoir si bien les jeunes quand elles imitent...