Petite bibliographie : La langue du XVIIe siècle, Nathan, coll. 128.

D. Fontaine, La Poétique, Nathan, coll. 128, n°40.

Ducrot-Schaeffer.

L’étude stylistique est certes une étude formelle. Mais c’est aussi, on l’oublie bien souvent, une lecture herméneutique où domine le souci de la découverte d’un sens. Sans cela, quel intérêt ? Aussi, il faut considérer dans un texte la " forme-sens ".

Trois questions semblent résumer globalement la question. Les voici posées :

Qu’est-ce que la stylistique ?

Qu’est-ce que le style ?

Qu’est-ce qui relève du style, dans un texte ?

La mise à jour de la spécificité d’un texte par rapport au langage virtuel de la langue normale (" degré zéro " de l’écriture.).

La stylistique est hérités de la rhétorique. La première a toutefois une visée esthétique, quand la seconde est plutôt un art du discours. La stylistique a donc pour but de mettre à jour un système expressif, sans oublier toutefois de pratiquer une herméneutique à partir des conclusions qui en sont tirées.

Moyens :

I. Outils communs à tous les types de texte.

  • La linguistique : 1la détermination (actualisation du subst.), 2la représentation (pronoms etc.), 3les mots outils, 4le verbe, 5la phrase.
  • La poétique : théorie du discours. Qu’est-ce qui fait la littéralité du texte ? (cf. Nathan n°40)
  • La rhétorique : l’art du discours efficace.
  • La pragmatique, l’étude des actes de discours.
  • La transtextualité : l’intertextualité (citations), le paratexte (titres, sous-titres, dates), l’architexte (tout ce qui apparente un texte à un genre. Hypertexte : transformation d’un texte en un autre.)

II. Outils spécifiques à chaque genre.

  • Théâtre :

1. Relation actantielle.

2. Situation de communication (monologue, double énonciation...)

3. Distribution des répliques (tirades, stychomythies etc.)

4. Fonction et disposition du passage : exposition, dénouement.

5. Rôle de la rhétorique et de l’argumentation.

  • Poésie

1. Versification

2. Forme fixe

3. Rôle des figures

4. Narrativité : ellipse ou asyndète, par exemple, dans la structure discursive.

Un sens = plusieurs formes.

C’est en fait la manière dont un sens est véhiculé. C’est le choix d’un auteur sur une manière de s’exprimer. (Attention ! Une forme peut revêtir plusieurs sens : ironie, allégorie.)

Définition : C’est la combinaison du choix que tout discours doit opérer par rapport à un certain nombre de disponibilités contenues dans la langue et les variations du choix par rapport à ses disponibilités.

Ces disponibilités peuvent se diviser en sous-codes. Ex : registres de langue. Les variations sont les écarts, d’un texte par exemple, par rapport à une " norme " (cette base " neutre ", le degré zéro de l’écriture, n’existant pas) : c’est la possibilité de " marquer " la particularité d’une forme en l’employant ou non. Ex : variation qualitative, anaphore. Variation quantitative, ellipse.

Même le sens lexical est susceptible d’une variation stylistique : dans le dictionnaire, il est déjà actualisé.

Finalement, tout relève de la stylistique : structure phrastique, transphrastique... Sauf le schéma actanciel. Cela dit, les traces des actants sont à relever : pronoms, forme passive, pronominale, impersonnelle, factitive etc.

  • Les figures
  • La prosodie
  • L’organisation (syntaxique, discursive)
  • L’énonciation (et la forme qu’elle prend. Ex : argumentatif, narratif etc.)
  • Le vocabulaire
  • Le point de vue (qui voit ?)

Plan possible dans un devoir :

I. L’énoncé

  • Phono-graphologique.
  • Syntaxique
  • Sémantique

II. L’énonciation

  • Relations entre actants (traces)
  • Les différents types de discours
  • La modalité (seulement si première personne) : verbes, adverbes, adjectifs etc.

 

L’approche du texte

A. La première question à se poser concerne le genre et l’intention du texte. Pour ce dernier point, se reporter aux fonctions de Jakobson.

Il faut tenter pour cela de définir la tonalité du passage : réaliste, fantastique, comique, épique etc. Le texte a vocation de produire un effet. De là, on peut s’attaquer au problème du type de texte que l’on a entre les mains : quel est l’architexte ?

B.Qui parle ? Qui voit ? Quand ? A qui ? De quoi ? Et surtout : comment ? Avec quelles intentions perlocutoires ?

12 Décembre 1997

S’interroger sur les éléments du texte qui peuvent se contredire peut être une approche intéressante. On peut éventuellement s’intéresser aussi sur le processus de la lecture.

Lors de la rédaction, il est important de faire apparaître les titres, littéraires ou linguistiques. Deux démarches d’analyses sont possibles :

Du Bellay, Les antiquités de Rome, 1558.

Contient une description générale de la grandeur et comme une déploration de sa ruine.

Dans quelle intention

Pourquoi

Sous quelle forme

Tonalité

Quand

Qui parle

A qui

De quoi

1558 : deuxième moitié du XVIe siècle, plein épanouissement de la Renaissance.

A la lecture : diérèse, synérèse. Locuteur absent, aucune marque de l’énonciation, pas de " je ", pas de " maintenant ". Pas de destinataire apparent non plus. Pas de marques de discours : on s’adresse au lecteur dans sa plus grande généralité. Thème connu : gloire et décadence de Rome.

Analyse : poème descriptif à visée argumentative : genre démonstratif, but rhétorique, avec une tendance à l’épidictique (éloge, emphase).

C’est un texte où il faut relever les différents faits d’expression, les répétitions. Dans la poésie, Ronsard est un écrivain qui a beaucoup utilisé l’argumentatif. L’éloge ou le blâme sont les figures qu’il emploie dans sa lyrique amoureuse, mais il se passe des arguments du logos proprement dit.

Faits d’expression : répétitions (anaphore, tautologie : répète le même mot avec le même sens. Polyptote : utilisation de deux mots de la même famille). Emphase. Rimes banales (deux infinitifs du même groupe). Paronomase : presque homophonie. Diaphore. Syllepse.